Le temps s'épuise...

Le temps s'épuise...
On travaille sur un pauvre commentaire de texte, une dissertation rabâchée, on écrit une pièce de théâtre, on se retrouve scénariste et réalisateur de court-métrage et on fait mille réunions pour rassembler une équipe, on s'embrouille, on s'emmêle, on entre dans un groupe, on fait son premier concert improvisé, on s'impatiente avant les cours de chant, on fait ses exercices de respiration, on va au spectacle pour les études, on travaille son diaphragme, on apprend ses déclinaisons latines et les cinq conjugaisons, on avale du Poe et du Lovecraft en anglais, et on n'a plus le temps de griffonner une seule ligne...



Image&texte: Vastriel
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# Posted on Friday, 27 November 2009 at 1:19 PM

Encre d'été...

Encre d'été...
- André Breton, Nadja
- Greg Keyes, Les royaumes d'épines et d'os (Tomes 1,2,3,4)
- Raymond Khoury, Le dernier Templier
- Giacometti/Ravenne, La croix des assassins
- Jean-Louis Fetjaine, Lliane
- Etienne Thomassin, Millénium décrypté
- Colette, L'Entrave, Mitsou, Chéri, Le Blé en herbe, La Fin de Chéri, la Naissance du jour, La Seconde
- Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien
- Tchekhov, La Cerisaie

Colette est une enchanteresse et à côté d'elle, presque toutes les écritures sont arides. Le théâtre n'est plus qu'une mascarade, les romans sont des jeux de lettres côte à côtes. Peu de phrases ont du sens. Mais celles-ci restent sublimes: "Petite âme, âme tendre et flottante, compagne de mon corps, qui fut ton hôte, tu vas descendre dans ces lieux pâles, durs et nus, où tu devras renoncer aux jeux d'autrefois. Un instant encore, regardons ensemble les rives familières, les objets que sans doute nous ne reverrons plus... Tâchons d'entrer dans la mort les yeux ouverts..." (Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien)
Vénus Obscène avance et les cent pages sont dépassées... Cela redonne espoir bien que les mots de Colette aient eu tendance à briser tous les miens. Mais on écrit, on continue, on lit toujours, on dévore, et on espère...

Passez tous une bonne rentrée!

Texte: Vastriel
Image: Vastriel
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# Posted on Thursday, 30 July 2009 at 2:19 PM

Edited on Tuesday, 15 September 2009 at 4:35 PM

I'm not the girl next door.

I'm not the girl next door.








"I love artifice. I love man-made beauty. I like the idea of being whoever you want to to be - not just saying this is what I've got and this is what I've got to put up with. A lot of people put a lot of emphasis on me wearing corsets and the pain and suffering but I think it's a little bit like wearing a high heeled shoe. It's not as pleasant as going barefoot, of course, but there's something about it that we love. That sort of manipulation and that discipline in the way that everything changes about your body shape."

Dita Von Teese











On a toutes cette femme en nous. Cette femme qui hurle, cette femme qui pleure. Cette femme mille fois touchée par un amant, femme blessée qui larmoie des océans de glace. Souvent, alors que je m'élance sur les vagues de l'amour, elle me souffle les mots à l'oreille. Sa voix me porte, séductrice lancinante, une voix douce et bénie qui réclame de sourire, une voix qui demande les éclats de bonheur aux oreilles. Elle me guide et me berce, amoureuse ancestrâle, sublime amante brisée qui sait quels sont les gestes, qui connait tous les mots. Je la laisse m'envahir...
Elle exige des futilités, des minauderies et des mimiques de séduction. Elle me réclame une démarche entre le vacillement tremblé des rêveuses et l'assurance de plomb des courtisanes, un équilibre flou, une limite absurde, subtilité superbe. Elle se pavane devant la glace, regarde, s'observe, se désespère et arrache tous les voiles. Elle éparpille et renverse tous les artifices, tantôt primitive et esseulée, puis mondaine et délicate, petite douceur fardée, petite douleur masquée. Jadis, on lui disait qu'il faut souffrir pour être belle et on tirait, tirait, on lui tirait ses petits cheveux tressés d'enfant. Mais ce qu'on ne lui disait pas, le peigne brisé finalement dans les mèches, c'est que ça ne s'arrêterait jamais, jamais, qu'elle ne pourrait jamais s'empêcher de souffrir pour avoir ce sourire éclatant dans la glace, ces yeux brillants, ces lèvres pleines. On y prend goût, tu sais, à ce masochisme malsain de femme. On y prend gout et on tire sur les cheveux, on déchire les bosselures imparfaites, on se tue à la faim, on se tord les chevilles sur le pavé des rues et le plancher des bals. Quand on commence ça ne s'arrête pas, ma belle, ça ne s'arrête plus. Mais c'est la seule justice que nous possédons, mon amour, la seule qui nous soit dûe. On ne peut pas toutes être une beauté longiligne aux gracieux gestes de danseuses, aux lignes pures, aux yeux émerveillés. On ne peut pas toutes avoir cette chance, cette douceur absolue des courbes. Alors on souffre, on souffre, on souffre encore et encore car on sait, au fond, que c'est le seul moyen de devenir celle que l'on veut être, et pas seulement cette enfant qui nous est donnée si injustement, dans le hasard d'une naissance incertaine. Les partisans du naturel sont des castrateurs injustes...



Image: Dita Von Teese
Texte: Vastriel
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# Posted on Wednesday, 02 September 2009 at 5:44 PM

Edited on Wednesday, 02 September 2009 at 8:11 PM

Un an de plus d'excentrismes...

Un an de plus d'excentrismes...
Vous tous le sourire aux lèvres, beaucoup de khôl et un petit air de Manson,
sous les fenêtres de voisins scandalisés...
Merci!

Photo par M.
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# Posted on Tuesday, 07 July 2009 at 9:47 AM

Pourquoi les nuits sont-elles si courtes et le jour si cruel?...

Pourquoi les nuits sont-elles si courtes et le jour si cruel?...[/align=right]

Je cherche un monde qui n'aie pas de frontières, un des havres du rêve. Je cherche un monde sans substance, sans contours. Un monde qui n'aurait pas de forme, qui n'aurait pas de carte. L'ailleurs.
J'aime les paysages industriels abandonnés, les villes vides, les nuits sans lune. J'aime le brouillard et les crépuscules rouges. J'aime les zones d'incertain et de vide, l'invisible, les choses indistinguables. La lumière me fait mal.
Longtemps, la nuit, je profite des heures creuses sans sommeil pour m'évader sur les rivages de ce monde. Là-bas, tout est changeant, mouvant, éphémère, sublime. Là-bas, je ne me sens pas en reste: je ne suis pas la fille timide dont personne ne sait rien, ni même la provocatrice affamée d'arrogance. Je suis juste une des passagères du rêve. Une créatrice, une possibilité, une déverseuse de mots. Que je les aime, ces longues errances des insomnies, ces incessants voyages. Comme je me sens bien, là-bas, comme je suis forte!... C'est le règne de la sensibilité, l'empire absolue de tout ce qui communément se trouve faiblesse. Je ne suis plus la chose fragile que l'on cache derrière son dos, ni celle qui dissimule ses excès de timidité derrière du fard et des paroles cinglantes. Je ne suis plus celle que personne n'écoute et que nul n'interroge, ni non plus celle qu'on admire par sa seule arrogance dévoyée. Ici, avec les autres, toujours cette sensation d'exclusion, de différence, de solitude. Ils ne le savent pas clairement, ils le sentent seulement, peut-être; mais après tout, je suis d'ailleurs...

Quelques nouvelles, depuis le temps...

- Roman bien avancé. Titre provisoire: Vénus obscène.
- Autres textes : Le tableau du salon, L'ailleurs, et plusieurs sans titres.
- Millénium est un film grandiose. De la pure violence, mais quelle réalisation, quelle intensité, quelle force! Comme d'habitude, c'est ce genre d'images qui fait comprendre bien plus de choses que n'importe quel long discours.
- Je vais bien!
- Laurell K. Hamilton est rééditée par Bragelonne et l'on peut se plonger de nouveau dans les divers méfaits de l'Exécutrice Anita Blake. Du pur bonheur.
- Les théoriciens du théâtre sont d'absurdes vaticinateurs.
- L'analyse de textes est un viol, sauf quand elle permet d'affirmer que Stendhal n'a définitivement aucun style et que son oeuvre pollue la littérature. N'ayons pas peur des mots.
- L'analyse de tableaux est encore plus ridicule, surtout quand le piètre beau-parleur qui la fait n'a jamais peint une seule toile aussi petite soit-elle de sa vie. Que les théoriciens laissent parler les artistes! Ils sont les seuls susceptibles de comprendre quelque chose.



Texte: Vastriel
Image: Vastriel
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# Posted on Sunday, 17 May 2009 at 6:23 AM

Edited on Sunday, 17 May 2009 at 6:40 AM